Mon travail d’auteur « signature » avec, fin 2023, plus de 60 œuvres colorées de taille variable.
Mes « Kaléidoscopies » sont de véritables tableaux aux multiples facettes avec des séquences d’une à plusieurs dizaines de photographies.
C’est une série évolutive toujours en cours.
Les premières séries sont issues de travaux réalisés et présentés dans les années 80, d’abord aux Rencontres d’Arles, lors de différents stages puis au Sénégal, où j’ ai longtemps résidé. Je puise alors mon inspiration dans le foisonnement de la vie quotidienne et transcende la banalité en y faisant ressortir des détails colorés inaperçus au premier abord.
Après quelques années de latence, la démarche est reprise en 2002 dans la région nantaise.
Puis, régulièrement depuis 2009, les créations reviennent avec des formes rénovées.
On y trouve des mini-reportages et, le plus souvent des montages graphiques composés à partir de différents détails colorés de la rue, de végétaux ou d’animaux.
L’être humain, rarement présent physiquement, y transparait toujours par ses traces laissées sur son environnement quotidien.
Plusieurs niveaux de lecture offrent à l’imagination du visiteur des allers-retours spatio-temporels où la féérie des couleurs frappe toujours l’œil de loin ou de près.
Des mini-films ou séquences où l’œil embrasse d’un plan large l’environnement puis s’approche du sujet jusqu’à s’immerger dans la matière colorée par strates de niveaux.
A l’époque de mes premières créations, au début des années 80, les objectifs à focale variable (zooms) et les logiciels de traitement d’images permettant les assemblages n’existaient pas. L’approche des détails correspond à une approche physique réelle du photographe. L’effet est apparenté au zooming mais la focale de l’objectif ne change pas, c’est la distance qui diminue. On va vers le sujet et ses détails.
Les images sont le plus souvent non recadrées et retouchées à minima.
Deux types de présentation :
– des tirages Cibachrome, à partir de diapositives, faits par le photographe à la période de la prise de vues, dans les années 80 (« vintage prints »), puis assemblés et collés sur cartoline. Ce sont des œuvres uniques, signées au verso, puis encadrées de manière artisanale.
– des tirages argentiques d’images numérisées (soit à partir de diapositives, soit pour les toutes dernières à partir d’un appareil reflex numérique). Ils ont été réalisés à partir de 2007 par le laboratoire professionnel PICTO puis contrecollés sur support dibond et plastifiés à chaud.
Série de la transition argentique-numérique.
Titre en langage phonétique signifiant de la vitesse…
Le 3 avril 2005, je prends une première série de photographies avec pour but de mettre en valeur l’aspect coloré aux multiples facettes de ce foisonnement polysémique. Trois « niches » constituées de trois ouvertures condamnées sont photographiées et regroupées dans l’« Hommage # 1 ».
Le lendemain, je décide de faire une nouvelle série. J’interviens personnellement dans mon sujet par un « décollage » anarchique, une déconstruction des strates pour remonter le temps. J’arrache des morceaux d’affiches et photographie les couches dévoilées (les papiers arrachés sont visibles sur les deux premières vues des séries de l’« Hommage # 2 »).
En janvier 2012, après quelques années où le sujet est resté en « friche », je me décide à revoir ces images.
Je les trie, les assemble, en élimine, les réorganise, les dispose pour arriver aux deux « kaléidoscopies » finalement retenues.
La première est la version « brute » du regard du photographe coloriste révélant la richesse de la banalité urbaine.
La seconde avec les « décollages », assemblés en remontant le temps, reconstruit l’œuvre comme je l’ai trouvée en arrivant sur les lieux (reconstruction).
« Mes œuvres existaient avant moi, mais personne ne les voyait car elles crevaient les yeux »
Raymond Hains, ami de Villeglé avec lequel il réalisa de nombreuses productions
Il m’a séduit à tel point que je l’ai photographié à neuf reprises entre novembre 1986 et juillet 1988 dans le but d’utiliser un jour ces images dans une de mes « kaléidoscopies ». Les temps ont passé … et aujourd’hui en avril 2021, près d’un quart de siècle plus tard, je les ai ressorties de mes archives pour les assembler !
Sur 50 diapositives, j’en ai gardé 49, soit 7×7 pour faire ma composition. Elle aurait pu être carré, mais j’ai conservé le cadrage 2×3 des prises de vues et le montage est rectangulaire comme la piscine. Non recadrées, les photos ne sont pas retouchées. On peut ainsi voir que le rendu des couleurs des 9 photos centrales prises sur film Ilfochrome n’est pas celui des 40 autres prises sur film Kodachrome puisque volontairement je n’ai pas modifié les paramètres de numérisation des scans.
Toutes les photos ont été prises sans repères préalables, presque du même endroit, avec le même appareil et le même objectif, un 135 mm.
Hasard des prises de vues non préméditées, hormis les déformations dues aux vagues la présence humaine est absente sauf sur une photo où apparaît la main d’un nageur semblant vouloir attraper l’oiseau. Je l’ai placée au centre entourée des huit autres photos faites sur Ilfochrome.
Cette série se rapproche ainsi des assemblages de polaroïds que réalisait David Hockney au début des années 80 pour créer des perspectives éclatées de piscines. Depuis il est passé de la photographie à la peinture pour devenir le « peintre des piscines ».
Habitant à Paimbœuf de 2002 à 2004, dès le premier jour, j’ai été attiré par son phare typique.
Unique phare de la Loire, situé à plus de 10 km de l’Océan, il incarne la vocation maritime de cette commune ouverte sur l’estuaire. Un plus de 7m de haut pour un diamètre de 2,20m, il fut élevé en 1854.
Un jour de mai 2004, j’eus l’idée d’exposer sur la porte du phare un tirage d’une de mes photos prise un après-midi de grande marée, le 08/09/2002. Une photo « bleu, blanc, rouge » où la borne incendie et le phare se répondent sous un ciel bien bleu avec une bande de nuages floconneux sur la ligne d’horizon du fleuve.
Un matin, sous une lumière plus diffuse, j’ai pris deux séries de photos, la première en m’approchant depuis le quai jusqu’à la photo fixée sur la porte du phare. C’est la série « Aller », un genre de travelling avant. Dans la dernière rangée, je vais « dans » la photo « bleu, blanc, rouge ».
J’en repars dans la première rangée de la seconde série « Retour » où, dans un travelling arrière, je recule jusqu’à la rue du Général de Gaulle.
Deux séries originelles ont été montées en juin 2004 (collage de tirages 12×18 sur cartoline blanche) et exposées au Festival de Photo de Paimbœuf. Je les ai offertes à Monsieur René Bahurel, le maire, lors d’une cérémonie pour mon départ de la ville dont j’étais le principal du collège Louise Michel.
Les séries actuelles ont été réalisées en janvier 2023 et différent légèrement de celles montées en 2004.
Ainsi nommée en l’honneur du botaniste autrichien, le Dr Fiedrich Welwitsch qui l’a documentée en 1860.
La plante se compose d’une longue et épaisse racine pivotante, d’une tige en bois courte, très solide et sans branches et de deux feuilles qui poussent continuellement tout au long de la vie de la plante.
Les deux feuilles ne sont jamais remplacées, une caractéristique unique dans le monde végétal. D’environ 1,5 cm d’épaisseur, elles peuvent atteindre une longueur de 2 à 4 m et sont généralement divisées en bandes longitudinales. Elles croissent par la base à raison d’environ 1/2 mm par jour ce qui donnerait, combiné à l’âge des plantes, des feuilles très longues. Mais elles sont continuellement diminuées et lacérées par les conditions atmosphériques, l’abrasion due aux tempêtes de sable et les animaux qui s’en nourrissent. En langue afrikaan, la plante est ainsi nommée « Les 2 feuilles qui ne meurent jamais ». La plus grande connue, atteint 1,40 m de haut et plus de 4 m de diamètre.
Un insecte hétéroptère de la famille de nos « gendarmes européens », Probergrothius sexpunctatus, est associé aux welwitschias mirabilis. Il se nourrit essentiellement d’exsudats d’une cochenille qui parasite la plante, ainsi que de sève, de graines et de cônes de la plante. En fait, il est le vecteur de l’infection des cônes femelles par un champignon filamenteux, aspergillus niger, lequel réduit fortement la production de graines fertiles.
Plantes très anciennes, remontant à la période jurassique, elles ont de 300 à 500 ans. Certaines auraient 2000 ans.
Les joueurs de l’équipe de Namibie de rugby à XV sont surnommés les « Welwitschias ».
Plusieurs sont conservées sur le site de Solitaire, au beau milieu du désert du Namib.
A 40 km au sud du Tropique du Capricorne, ce site, connu pour abriter une station-service des années 60, comprend aujourd’hui un bureau de poste, un motel « Le Solitaire Country Lodge » et une boulangerie qui vend des « apple struddel » que l’on a pu déguster et qui sont célébrés dans la plupart des guides touristiques relatifs à la Namibie.
Les photos prises à Solitaire se retrouvent pour la plupart dans la série #01 (les trois premières et la cinquième colonne, soit 20 photos sur 25) et également sur la première colonne de la série #02.
Les collectionneurs de vieilles voitures reconnaîtront des exemplaires de pick-up Ford ou Chevrolet et une Lookheed.
La voiture colorée de la 5ème colonne de la série #01 est un coupé Hudson 112 de 1938.
Dans la 4ème colonne de la série #01, j’ai placé un pick-up Chevrolet, lesté d’une botte de paille, rencontré à l’entrée d’un petit hôtel d’Helmeringhausen, petite ville à 250 km au sud de Solitaire.
Solitaire et Canyon Road House, deux étapes atypiques, à l’ambiance surréaliste et mystérieuse.
Cette forêt de pins est souvent détruite par des incendies laissant des traces indélébiles. Des troncs carbonisés dont beaucoup sont restés « debout » malgré de nombreuses fissures. En s’approchant, on peut voir leurs écorces meurtries, craquelées, qui ressemblent à des îlots de couleur brun à orangé cernés de noir comme des écailles ou des zébrures d’animaux imaginaires.
Des visions d’une matière végétale entre résilience et évanescence, qui évoque le fragile équilibre entre destruction et renaissance.
« Habibi » est un mot arabe signifiant « mon amour » à destination de l’être aimé.
Son équivalent féminin, quand on s’adresse à une femme est « Habibati ».
Je l’ai utilisé pour titrer mes séries à l’adresse de Marrakech comme un « Mon amour Marrakech ».
Sur les premières images en plan large, on peut deviner le fameux Café des Épices aux 3 étages où l’on se presse pour faire une halte et déguster un thé à la menthe accompagné de délicieuses pâtisseries.
En 1931, autour de sa villa-atelier, le peintre-décorateur Jacques Majorelle, créa un jardin impressionniste, une cathédrale de formes et de couleurs aux ambiances variées en y ajoutant chaque année différentes plantes exotiques ramenées de ses divers voyages.
En 1937, il crée le « Bleu Majorelle », une nuance de bleu bien spécifique avec laquelle il décide de repeindre tous les murs de sa villa. Et dix ans plus tard, il ouvre son jardin au public.
Malheureusement, lorsqu’il décède en en 1962, le jardin est laissé à l’abandon durant plusieurs années…
Il faut attendre l’année 1980 pour que le grand couturier Yves Saint-Laurent et son amant Pierre Bergé décident de racheter le lieu. Le jardin retrouve peu à peu ses couleurs. Cactus, jasmins, cocotiers, bambous, cyprès, bananiers ou encore nymphéas et lotus.. pas moins de 300 espèces botaniques vivent dans cette œuvre d’art ornée de fontaines, bassins, jets d’eau, allées, treilles et pergolas. L’ancien atelier du peintre est transformé en musée berbère accessible aux touristes.
Les cendres d’YSL ont été dispersées dans un coin du jardin en juin 2008 et une stèle commémorative en son souvenir y fut érigée. En 2017, Pierre Bergé décède et son nom rejoint celui d’YSL sur le mémorial.
Madison Cox, dernier compagnon de l’homme d’affaires et paysagiste de renom devient propriétaire du Jardin.
Aujourd’hui il est le président de la Fondation Jardin Majorelle dont la mission principale est d’assurer la sauvegarde, le rayonnement et l’entretien du Jardin Majorelle, du Musée Pierre Bergé des arts berbères et du Musée Yves Saint-Laurent Marrakech, inauguré en octobre 2017 à quelques mètres du Jardin
Site incontournable de Marrakech, il attire plus de 600 000 visiteurs par an. L’afflux de visiteurs a conduit à en réguler l’accès par des réservations préalables sur internet, procédure initiée… le jour de notre visite le 07/02/2023… ce qui m’a permis d’être plus à l’aise pour faire mes prises de vues. Malgré cette régulation, il est pratiquement impossible de photographier les abords du musée et ses murs bleus sans y prendre les mises en scène des selfies des visiteurs et surtout des visiteuses !
Aussi, j’ai choisi de montrer la richesse colorée de ce lieu en mettant en valeur la variété des multiples pots ou jarres répartis dans le jardin. De taille et de forme différente, trois couleurs y dominent. Le fameux bleu Majorelle y côtoie les complémentaires orange et jaune pour recevoir la variété des verts des végétaux qui y sont plantés et ponctuer les allées de cet univers végétal.
Et j’ai eu la chance d’y croiser un peintre-jardinier tout de bleu Majorelle vêtu avec son arrosoir orange pour se fondre dans l’harmonie picturale du lieu.
Une véritable illustration de l’Invitation au Voyage de Charles Baudelaire…
« Là, tout n’est qu’ordre et beauté
Luxe, calme et volupté… »
Publications et photos relatives à mes expositions
Cette exposition est également disponible sous forme d’un livre à compte d’auteur format 30×30 cm avec de véritables tirages photographiques sur papier brillant
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